L’histoire de l’école

L’école d’aujourd’hui s’est bâtie en de nombreuses étapes. Vous trouverez ici un résumé des différentes dates importantes de l’histoire de l’école primaire et maternelle.

L’histoire de l’école

Ancien Régime (  XVII ème siècle à la Révolution)

Comenius (1592 – 1670), philosophe, grammairien et pédagogue tchèque propose l’école pour tous, sans distinction de classe sociale. Auteur de la Grande Didactique, son projet de l’école pour tous ne sera pas mis en place.

L’école sous l’Ancien Régime :

Enseignement religieux dans la famille puis catéchisme dès 7 ans :

  • Séparation filles/garçons
  • Précepteurs pour les enfants favorisés (aristocratie principalement)
  • Enfants de paysans et artisans envoyés en apprentissage très tôt après avoir appris les bases en lecture, écriture et calcul, dans les écoles paroissiales ou communales
  • Pour les pauvres, développement des écoles des Frères de Ecoles Chrétiennes créées par Jean Baptiste de La Salle (classe d’âge, même enseignement pour tous)

Révolution (1789 – 1799)

Beaucoup de questions sur l’éducation  (coexistence école privée/publique, équilibre entre instruction et éducation, rejeter ou s’inspirer du modèle catholique, gratuité, obligation) vue comme le moyen d’émanciper le peuple de la tutelle de l’Eglise.

  • 1791: Rapport Talleyrand : proposition de l’instruction publique gratuite, d’une école par
  • canton et des maîtres payés par l’Etat
  • 1792 : Rapport de Condorcet (1743 – 1794) : propositions : école laïque, gratuite, non obligatoire
  • 1793 : Robespierre présente un plan d’éducation nationale : éducation de 5 à 12 ans dans les « maisons d’éducation nationale »

Loi Bouquier : instruction gratuite et obligatoire de 6 à 8 ans, instituteurs rémunérés par l’Etat

  • 1794 : décret signé par Lakanal : obligation instruction abandonnée
  • 1795 : gratuité abandonnée

De l’Empire à la Troisième République (18041870)

Enseignement primaire confié aux communes, voie libre au clergé. Napoléon centralise le système secondaire, créer un corps d’enseignants.

  • 1806: fondation de l’Université impériale (monopole de l’enseignement à l’Etat mais le clergé conserve l’enseignement primaire)
  • 1808: création du baccalauréat
  • 1810 : création de la première école normale à Strasbourg
  • 1833 : loi Guizot (ministre instruction publique sous Louis-Philippe) : école de garçons dans les communes de plus de 500 habitants, école normale d’instituteurs dans chaque département, possibilité d’écoles primaires publiques ou privées
  • 13 août 1833 : sous la Monarchie de Juillet, le conseil royal de l’instruction publique rend un avis autorisant l’admission des filles avec les garçons, sous condition d’avoir une cloison (séparation matérielle et permanente) qui sépare la classe en deux (avant, les instituteurs devaient faire la classe aux garçons le matin et aux filles le soir)
  • 1850 : loi Falloux: met fin au monopole de l’Etat, écoles « libres » (particuliers, associations, congrégations) à côté d’écoles publiques (gérées par les communes).
  • 1867 : loi Duruy: création d’une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants

L’ Ecole Républicaine (Troisième République)  (1870 -1940 ) :

L’école actuelle trouve son fondement dans les lois Ferry votées pour la Troisième République :

  • 1879 : loi Paul Bert chaque département possède une école normale d’institutrices
  • 1881(juin) : première loi Ferry : gratuité de l’enseignement primaire, communes assurent le salaire des instituteurs
  • 1882 (mars): deuxième loi Ferry : obligation scolaire (jusqu’à 12 ans), laïcisation des programmes de l’école publique, création du Certificat d’étude primaire
  • 1886 : loi Goblet : laïcisation des maîtres de l’école publique, suppression de la cloison dans les écoles mixtes, les institutrices peuvent désormais enseigner aux garçons (interdit auparavant, donc impossible pour une institutrice d’enseigner dans une école mixte avant)
  • 1904 : interdiction aux ordres religieux d’enseigner
  • 1905 : séparation des Eglises et de l’Etat ( Aristide Briand/ Jean Jaurès)
  • 1936 : loi Jean Zay :prolongation scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans

Les étapes de l’école contemporaine :

Dans les années 50, il faut faire face à un flot incessant de nouveaux élèves.

  • 1944: ordonnances abolissant les textes du gouvernement de Vichy, en particulier concernant la fermeture des écoles normales et l’interdiction de syndicats

Plan Langevin – Wallon : leurs propositions, bien que jamais vraiment mises en œuvre, deviennent des références obligées de la réflexion concernant l’école : enseignement obligatoire de 6 à 18 ans (organisé en trois cycles), possibilité à 18 ans d’accéder à des classes d’orientation pour passer le bac à 20 ans et avoir accès au supérieur, pré-salaire à partir de 15 ans

  • Avant 1959: enseignement secondaire séparé en sections  s’adressant à des enfants d’origines sociales différentes (trois sections : centres d’apprentissage, enseignement primaire supérieur (Ecole primaire supérieures (EPS) et Cours complémentaires), et lycées (le la sixième à la terminale)). L’école élémentaire ne conduit pas nécessairement à l’enseignement secondaire. Les enfants des classes favorisées peuvent fréquenter les « petits lycées », de la onzième à la septième, menant ensuite naturellement au lycée et au baccalauréat, puis à l’université.

1947 : Brevet d’Etude du Premier Cycle de Second Degré (BEPC)

  • 1959 à 1975 : unification de l’enseignement secondaire :

Réforme Berthoin (1959) : scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, création des Collèges d’Enseignement Technique (CET) qui remplacent les centres d’apprentissages et des Collèges d’Enseignement Général (CEG) qui remplacent l’enseignement primaire supérieur. Les élèves sont orientés après une observation en sixième et cinquième suivant les résultats et non plus suivant leur origine sociale (mais, une fois dans un établissement, les élèves poursuivent dans celui-ci, quelque soient les résultats)

Loi Debré (1959): définit les conditions de coexistence entre les écoles privées et publiques (possibilité d’une intégration volontaire à l’enseignement publique : les écoles « sous contrat » bénéficient d’un financement publique, en contrepartie l’Etat exerce un contrôle sur le respect des programmes, le recrutement et l’évaluation des enseignants, et l’enseignement religieux ne doit pas être obligatoire)

            Réforme Fouchet-Capelle (1963) : L’orientation se fait en troisième en non en cinquième, les « petits lycées » sont remplacés petit à petit par les Collèges d’enseignement secondaire (CES) qui comprennent trois filières (enseignement général long (conduit au bac) et court (conduit au CET) et cycle de transition (sixième, cinquième, puis pratique jusqu’à 16 ans)

            Réforme Haby (1975) : Le collège unique (accessible à tous les enfants dès 12 ans), il n’existe plus que  école/collège/lycée. La distinction entre CES et CEG n’existe plus. Mixité obligatoire dans le primaire et le secondaire.

            Le Brevet des Collèges remplace le BEPC

            Orientation des élèves en fin de troisième vers l’enseignement général ou technique ou professionnel.

            Orientation en fin de cinquième pour les élèves en échec vers le CAP (Certificat d’aptitude professionnelle)

  • 1989 : Loi d’orientation (loi Jospin) : création des ZEP (Zones d’Education Prioritaire), refonte du cursus en trois cycles, création du livret scolaire, mise en œuvre d’un projet d’école, pédagogie différenciée, création des IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres), création du nouveau corps Professeur des Ecoles (PE) (unification du corps enseignant, effectif en 1990).
  • 2005 : Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école (loi Fillon) : création d’un socle commun de connaissances, attribution de bourses au mérite, restauration de l’autorité des professeurs, combattre les incivilités et violences, développer les langues et les TIC (technologie de l’information et de la communication), création des PPRE (Programmes Personnalisés de Réussite Educative), création du PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) : intégration des élèves handicapés en milieu scolaire ordinaire.
  • 2008 : création de l’aide personnalisée aux élèves en difficulté
  • 2010 : Réforme de la « masterisation» : les enseignants sont recrutés à Bac+5, création d’un master MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation)
  • 2013 : loi pour la refondation de l’Ecole de la République du 8 juillet 2013 : développement de la scolarisation des moins de 3 ans, nouveaux rythmes scolaires (semaine de 4 jours et demi), création de conseils école-collège, création des APC (activités pédagogiques complémentaires, remplaçant l’aide individualisée), création des ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (remplacent les IUFM), création des EAP (emplois d’avenir professeur), favorisation de l’inclusion des élèves en situation de handicap à l’école, création du PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé, destiné aux élèves dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages (les « dys » par exemple) et pour lesquels ni le PPRE, ni le PAI ne conviennent).

L’histoire de l’école maternelle

  • 1826 : Première « salle d’asile » (gratuite, la salle d’asile est un bon moyen de garder les petits alors que de plus en plus de femmes travaillent à l’usine)
  • 1833 : La loi Guizot intègre les salles d’asile ans le système général de l’instruction primaire et elle définit en même temps leur objectif : donner les « premières instructions »
  • 1833 : Jean-Denis Cochin publie Le Manuel des salles d’asiles
  • 1845 : Marie Pape-Carpantier propose de changer la salle d’asile en « école maternelle », pour elle, il faut attiser la curiosité de l’enfant sur le monde, l’enfant a besoin de s’amuser, l’objectif n’est pas de faire des petits savants.
  • 1846 : Marie Pape-Carpantier publie Conseils sur la direction des salles d’asile
  • 1848 : Carnot remplace le terme « salle d’asile » par « école maternelle », mais ce ne sera qu’éphémère, et la dénomination « salle d’asile » reviendra rapidement
  • 1881 : Avec les lois Ferry le terme «salle d’asile » est définitivement remplacé par « école maternelle » : école non obligatoire mais laïque et gratuite
  • 1881 à 1917 : Pauline Kergomard: Inspectrice générale des écoles maternelles, considérée comme la fondatrice de l’école maternelle Française, elle est la première femme élue au « Conseil de l’instruction publique ».

Ses positions :

  • L’école maternelle ne doit pas imiter ou copier la « grande école »
  • L’école a une mission « maternelle », notamment pour les classes laborieuses où les mères n’ont pas toujours le temps de s’occuper de leurs enfants, une femme doit donc être maîtresse en maternelle
  • Le travail naturel de l’enfant est le jeu

En référence à Rousseau, elle demande que la liberté de l’enfant soit respectée. Elle exige des conditions d’accueil décentes, plus d’hygiène, et une véritable formation des enseignantes et directrices des établissements. L’école maternelle a pour mission l’éducation et non l’instruction des enfants.

Ouvrages principaux : L’éducation maternelle dans l’école 1886, Les écoles maternelles, anciennes salles d’asile, 1889

  • 1921: Décret qui précise que l’éducation et non l’instruction constitue la mission de l’école maternelle
  • 1975 : Loi qui donne comme mission fondamentale à l’école maternelle la prévention des difficultés scolaires, le dépistage des handicaps et la compensation des inégalités.
  • 1976 : Décret qui note que « la maternelle contribue au développement de la personnalité sous toutes ses formes, corporelles, intellectuelle, affective »
  • 1977 : Circulaire qui définit la pédagogie de la maternelle comme une « pédagogie du développement en vue d’une éducation globale de la personnalité ».
  • 1986 : Nouvelles orientations qui fixent trois objectifs : scolariser, socialiser, apprendre à exercer.
  • 1989  (loi d’orientation) : L’école maternelle devient le cycle des apprentissages premiers, cycle 1 de l’école primaire
  • 2002: Programmes de l’école maternelle, les apprentissages sont séparés en 5 domaines ne comportant pas d’horaires spécifiques
  • 2008 : Les programmes redéfinissent les domaines d’activité, introduisant en particulier la référence à l’écrit
  • 2013 : loi pour la refondation de l’Ecole de la République du 8 juillet 2013 : développement de la scolarisation des moins de 3 ans, nouveaux rythmes scolaires (semaine de 4 jours et demi), création des APC (activités pédagogiques complémentaires, remplaçant l’aide individualisée), création des ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (remplacent les IUFM), création des EAP (emplois d’avenir professeur), favorisation de l’inclusion des élèves en situation de handicap à l’école, création du PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé, destiné aux élèves dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages (les « dys » par exemple) et pour lesquels ni le PPRE, ni le PAI ne conviennent).

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